La Nuit Étoilée de Van Gogh, expliquée. (Analyse)

La Nuit Étoilée de Van Gogh, expliquée. (Analyse)

La nuit étoilée de Vincent Van Gogh est aujourd’hui l’un des tableaux les plus populaires. Pourtant, le tableau de Van Gogh n’a jamais suscité la moindre attention de son vivant. Van Gogh lui-même le trouvait raté. Alors, comment expliquer un tel succès ? Et ….

Pourquoi La nuit étoilée de Van Gogh est un chef-d’oeuvre ?

Vincent Van Gogh n’était pas naturellement doué pour la peinture. C’est sous l’impulsion de son frère Théo, avec qui il est très proche, et après avoir essayé plusieurs métiers, sans succès, qu’il décide à l’âge de 27 ans de devenir artiste. Rien ne laissait donc présager qu’il deviendrait le peintre que l’on connaît aujourd’hui. Ses premières peintures étaient loin de ressembler à ses chef-d’oeuvre colorés. Influencé par Millet, il peindra la campagne des Pays-Bas, d’où il est originaire. Ses premières peintures étaient considérées comme grossières et exécutées avec nonchalance. Cette première période de l’artiste durera six ans. Il s’agit de la période la plus longue. Sa carrière prendra fin malheureusement quatre ans plus tard.

On explique parfois que son talent est le résultat de sa démence, qu’il avait des hallucinations, qu’il entendait des voix, et qu’il voyait le monde différemment. Et si l’on ne remet pas en cause son état psychologique instable, et son comportement parfois excessif, il est important de rappeler que son art s’est aussi développé au fil des années et qu’il est la conséquence de multiples influences. C’est en déménageant à Paris en 1886, au contact d’Henri de Toulouse-Lautrec, d’Émile Bernard, de Paul Gauguin, et sous l’influence des maîtres impressionnistes comme Renoir ou Monet, que sa palette s’éclairciera.

Comme un impressionniste, Vincent Van Gogh travaillera en extérieur et s’emparera des thèmes et des méthodes de ces derniers. Il étudiera également la théorie des couleurs avec les œuvres de Delacroix et utilisera par la suite régulièrement les couleurs complémentaires pour donner de l’intensité à ses tableaux. Le rouge avec le vert, le bleu avec l’orange. A cette époque, Vincent Van Gogh, comme beaucoup d’artistes, était fasciné par l’art japonais. Il va commencer à collectionner de nombreuses estampes et s’en inspirer. A la manière de l’art nippon, il adopte dans nombre de ses tableaux des contours noirs épais, des perspectives distordues, l’utilisation d’aplats de couleurs, ou encore un cadrage particulier qui vient souvent couper le sujet.

Au bout de deux ans, lassé de la vie parisienne et déçu de n’avoir vendu aucun tableau, Vincent Van Gogh débarque à Arles. Ici, son œuvre va prendre un nouveau tournant. La lumière vive du sud de la France lui rappelle celle du Japon et va se retrouver dans ses couleurs.

Il peint les champs de blé doré pendant la moisson, il s’émerveille devant les vergers en fleurs et se rendra sur la côte pour côtoyer le bleu de la mer. A Arles, Vincent Van Gogh va vivre l’une des périodes les plus fastes de sa carrière. Il peindra notamment quelques-uns de ses chefs-d’œuvre comme la Maison Jaune où il logeait et rêvait d’accueillir une communauté d’artistes, les tournesols qu’il avait peints pour son ami Gauguin, ou encore la chambre à coucher aux couleurs vives et aux perspectives audacieuses.

Lorsque Paul Gauguin arrive à Arles, la cohabitation entre les deux hommes à la Maison Jaune est difficile. Lors d’une violente dispute, dans un accès de folie, Vincent se tranchera l’oreille. A la suite de cet événement, ses voisins signent une pétition pour l’éloigner du quartier.

Le rêve de créer une communauté d’artistes prend déjà fin. Et le 8 mai 1889, Van Gogh décide volontairement de se faire interner dans un asile psychiatrique à côté de Saint-Rémy-de-Provence. Contrairement à l’idée populaire que l’on peut se faire, l’asile dans lequel était interné Van Gogh avait des pratiques plutôt progressistes.

On lui avait aménagé un atelier pour peindre, et le docteur pensait que travailler l’aidait à aller mieux. De plus, petit à petit, il fut autorisé à faire des sorties. Néanmoins, il ne pouvait pas se déplacer comme il le souhaitait.

Ainsi, il a dû revoir ses méthodes, et c’est pourquoi la nuit étoilée fut le fruit de sa mémoire et de son imagination. Que ce soit depuis sa chambre ou depuis son atelier, aucune vue ne correspond. Les alpilles, la colline dans le fond du tableau, se situent en réalité à l’opposé du village.

De plus, si depuis sa chambre il avait vu sur celle-ci, ainsi que sur les champs de blé que l’on retrouve dans plusieurs de ses toiles, il n’y avait ni village, ni Grand-Cyprès au premier plan. Savoir que cette toile ne représente pas uniquement la réalité, mais puise également dans l’imaginaire de l’artiste, n’est pas un simple détail. Avec Van Gogh, la peinture ne se contente plus de reproduire le réel.

Maintenant, la peinture contient aussi une dimension personnelle. Pour communiquer, l’artiste utilise les couleurs, les formes, les effets, et Van Gogh n’hésite pas à les exagérer.

Le dessin ou la couleur injuste n’est peut-être pas l’essentiel, car le reflet de la réalité dans le miroir ne serait aucunement un tableau, pas davantage qu’une photographie.

Vincent Van Gogh

Analyse du Tableau La Nuit étoilée

A gauche, le cyprès symbolise à la fois le sud de la France, mais aussi la mort. Sa position entre ciel et terre renforce cette impression. L’étoile la plus lumineuse à la droite du cyprès semble être Vénus. Et la spirale qui attire toute notre attention au centre de l’image pourrait représenter une galaxie. Pas dans leur représentation actuelle, mais dans celle des premiers dessins de Parson, produit en 1845.

D’autre part, nous savons aujourd’hui que Van Gogh était un grand admirateur de la vague d’Hokusaï. Ce n’est pas un hasard si les couleurs et les formes s’en rapprochent. Il existe de nombreux débats quant à la signification de ce tableau.

Pour certains, ce spectacle cosmique où le cyprès sert de chemin entre le monde des hommes et celui des étoiles pourrait représenter l’expression d’une vie après la mort. Cependant, lorsque nous regardons la nuit étoilée, il me semble que ce qui nous intéresse, ce n’est pas tant le sujet, mais plutôt ce que l’artiste ressent face à celui-ci. Or, ce qui nous frappe instantanément, c’est le contraste entre l’agitation du ciel et la tranquillité du village.

Entre la quiétude de la ville endormie et la danse effrénée des astres éternellement éveillés. Cette sensation est renforcée par le choix des formes, les lignes géométriques des maisons tranches avec les arabesques de la nature. Dans ce choix stylistique délibéré, Van Gogh semble exprimer cette émotion que l’on éprouve pour contempler l’émancité du ciel, cette sensation d’infinité, cette force qui nous dépasse et qui s’oppose à l’insignifiance de notre propre existence.

Tout le paradoxe de la nuit étoilée de Van Gogh réside dans cette volonté à la fois de s’émanciper du réel, et en même temps, sans même peut-être en avoir l’intention, être une photographie parfaite d’une époque. Une époque où la révolution industrielle permet le voyage, une époque qui découvre les couleurs, une époque où les peintres se confrontent aux images, une époque où le ciel n’est plus seulement objet de contemplation mais aussi d’exploration. En voulant se détacher du réel, Van Gogh a produit une œuvre intemporelle, à l’image de son temps et de sa vie.

Un an après La nuit étoilée, Vincent Van Gogh peindra Champ de blé aux corbeaux, à travers lequel il communique sa tristesse et sa solitude. Le ciel est inquiétant, les corbeaux menaçants, les sentiers funestes. Quelques jours plus tard, il se suicidera.

En rupture avec les conventions et les sujets des académies, l’œuvre de Van Gogh a posé les fondations de l’art moderne. Il influencera une génération d’artistes, dont Picasso, Matisse, ou encore plus récemment, David Hockney. Van Gogh, en seulement dix ans de carrière, laissera derrière lui plus de 800 tableaux.

À titre de comparaison, Vermeer, immense peintre néerlandais,, en a peint seulement 45. Vincent Van Gogh est sans aucun doute aujourd’hui l’un des artistes les plus appréciés. Pourtant, de son vivant, il n’a vendu qu’un seul tableau : La Vigne Rouge

Toutefois, il serait faux de dire que Van Gogh est mort dans l’anonymat. Si son œuvre radicalement nouvelle a suscité que peu d’intérêt de son vivant, il était néanmoins considéré par ses pairs. Dans une lettre à son frère, Vincent écrit « Le peintre de l’avenir, c’est un coloriste comme il n’y en a jamais eu encore ». Des paroles qui vont se révéler prophétiques. Seulement, il ne pouvait se douter à l’époque que lui-même, Vincent Van Gogh, originaire de Zundert, en serait l’un des principaux représentants.

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